En fin de semaine, Chéri et moi étions à Sherbrooke. Un petit allez-retour départ samedi, retour dimanche… Pourquoi Sherbrooke? Parce que Chéri est un Sherbrookois exilé à Québec comme moi. Nous allions donc rejoindre des amis geeks dans le but de faire une réunion pour organiser un nouveau grandeur nature l’été prochain, qui s’annonce vraiment vraiment très très très intéressant (bon, je vais revenir à mes moutons avant de perdre mes lecteurs dans mon sombre univers de jeu de rôle!). Le programme était for simple: Réunion samedi après-midi, dodo chez Belle-Maman, réunion dimanche, souper chez Belle-Maman pour la fête de la belle-sœur et retour à Québec. Et je dirais que tout c’est bien déroulé… Ou presque!
Voyez-vous, c’est que ni Chéri, ni moi ne possédons un permis de conduire. Vous avez bien lu. Nous sommes entièrement dépendant des autres, du service en commun et du taxi. Depuis que nous sommes en couple (à l’époque, j’habitais Longueuil et lui Sherbrooke) nous utilisons les services d’Amigo Express ou d’Allo-Stop. Ce sont deux compagnies offrant des services de “matchage” entre conducteurs et passagers pour du co-voiturage. Écologique, économique, sympathique. Que des avantages… Ou presque.
Samedi, il n’y avait pas de lift intéressant pour Chéri et moi, alors nous nous sommes résolus à prendre l’autobus. Un 50$ de moins dans le compte plus tard, on monte dans l’autobus pour se faire dire par le chauffeur: “Assoyez-vous à l’avant, ça ne chauffe pas en arrière” Vous vous souvenez de la température de samedi matin? Moins mille au moins! On s’installe dans l’autobus, prêt pour le voyage de 3h. C’est que voyez-vous, il n’y a pas de ligne directe entre Québec et Sherbrooke, non! On doit passer par Plessisville, Princeville, Victoriaville, Richmond, Warwick, Danville, name it! Plein de bled perdus entre les Bois-Francs et l’Estrie. Nous pendant ce temps, on gèle dans l’autobus au chauffage déficient. Arrivés à Plessisville, le contrôle routier intercepte l’autobus. Apparemment, ça fait déjà quelques temps que le chauffage ne fonctionne pas bien, ainsi que les essuies-glace. On reste donc pris à Plessisville près de 10 minutes, pendant lesquelles le chauffeur plaide que certains passagers doivent faire un transfert à Victoriaville. L’autobus repart quelques instants plus tard, après que les gars du contrôle routier aient décidés de nous suivre jusqu’à Victoriaville. Pas rassurant! Là-bas, inspections, discussions, rapports, discussions, inspections, négociations. On se fait dire que ça se peut qu’on ne reparte pas. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse à Victoriaville moi?! Déjà, ma fin de semaine ne s’annonce pas bien! Le chauffeur entre dans l’autobus, triomphant: on peut repartir! Je ne suis pas certaine d’être contente, pas trop rassurée de savoir que le contrôle routier surveille cette compagnie d’autobus pour leur négligence. On continue notre chemin à travers un chapelet de petit village pour finalement arriver à Sherbrooke. Enfin! On se rend chez l’ami chez qui a lieu la raison, tout va pour le mieux. On regarde sur internet et on se trouve un transport pour repartir le lendemain soir, yeah, parce que l’autobus, ça fait cher! Le dimanche se passe aussi bien que le samedi, on rigole, on mange, on jase, c’est vraiment agréable.
Arrive le moment de partir. Premièrement, la fille qui nous fait le lift a donné un point de rendez-vous inhabituel à l’Université de Sherbrooke, mais on finit par trouver. Le rendez-vous est à 19h15, on arrive, comme à l’habitude, quinze minutes d’avance. Et on attend… Encore… et encore… Personne. Chéri stress et moi je m’efforce de lui dire que ça ne donne à rien, même si à l’intérieur, je me dis que ça commence à être long. Après 30 minutes d’attente, on repart avec le Beau-Père. Chéri vocifère des insanités que je ne vous répéterai pas ici pour ne pas vous offenser pendant que je pense à nos possibilités. Nous nous rendons donc au terminus d’autobus, dans le but de prendre le prochain pour Québec, tant pis, on travaille nous autre lundi. Au terminus, le commis nous informe que le prochain autobus pour Québec, il est lundi matin à 9h10! Bravo! On retourne donc chez Belle-Maman, pour téléphoner à AmigoExpress et tenter de comprendre ce qui s’est passé, et tenter d’avoir un nouveau transport. Je pense que le commis dormait quand j’ai téléphoné. Malgré ses excuses, il ne réussit pas à nous trouver un transport le soir même, ou le lendemain. On reste donc à coucher chez Belle-Maman, avec le plan en tête de se lever tôt le lendemain pour aller reprendre le foutu autobus, en souhaitant que ça ne soit pas le même que samedi.
Lundi matin, je suis confortablement endormie dans les draps santé du lit d’invité. Je pense même que je souris. Quand soudain: SHIT CHÉRIE!!! LÈVE-TOI! Ça c’est Chéri qui se réveille en sursaut en se rendant compte que sa montre n’a pas sonnée… Et qu’on va peut-être manqué l’autobus de 9h10! Réveil brutal. Je saute dans mon linge, puis immédiatement dans mes bottes et mon manteau. On réussit à prendre l’autobus de ville vers le terminus à la dernière minute, qui devrait nous mener juste à temps pour prendre l’autobus. Ça, c’est sans compter les lumières et les gens qui montent à bord. Au bord de la crise de nerf, on arrive finalement au terminus, alors que le chauffeur est en train de monter à bord. Chéri l’avertit que nous achetons nos billets et que nous devons monter. Il nous attend patiemment. C’est avec le plus grand sourire du monde que je l’ai remercié de nous avoir attendu. Une fois assise dans l’autobus, au chaud (car ce n’était pas le même véhicule) j’ai enfin pu respirer, et j’ai encore une fois souris, cette fois là en pensant à la journée de congé forcée dont j’allais pouvoir profiter… Comme quoi même dans une mésaventure, on finit toujours pas trouver un petit bonheur!
Bonne semaine tout le monde!